Abbaye du Bouschet (Yronde-et-Buron, Puy-de-Dôme)

David Morel

L’abbaye Sainte-Marie du Val luisant, connue sous le nom d’abbaye du Bouschet (figure 1), est mentionnée par quelques sources anciennes depuis le XIIIe siècle. Lieu d’inhumation de plusieurs comtes d’Auvergne et d’autres figures aristocratiques et religieuses depuis la fin du XIIe siècle, elle a essentiellement fait l’objet de recherches historiques avant tout centrées sur ces élites à travers un prisme biographique, et sur les description et localisation de leurs tombeaux (figure 2).

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L’histoire de ce monastère, depuis ses origines jusqu’à son abandon à la période contemporaine, n’a que très peu été renseignée, malgré les recherches conduites par quelques érudits et restées à ce jour inédites. Quelques documents publiés çà et là renseignent bien pour différentes périodes les droits et possessions des religieux, les donations effectuées, mais aucune synthèse rassemblant les différentes informations disponibles n’a été rédigée.

De même, la configuration du monastère et l’évolution des bâtiments n’apparaissent qu’en filigrane des sources mentionnées, citant ponctuellement les cloître, cuisine, presbytère, jardin, église, salle capitulaire, etc., sans descriptif précis. Seul un plan d’état des lieux et une tentative de restitution, publiés en 1992 par l’Association des Amis du Bouschet, ont été dressés par Loïs de Dinechin, sur la base des quelques vestiges alors visibles et d’une projection comparative avec les établissements cisterciens connus.

À l’exception de quelques observations réalisées dans les années 2010 par Emma Bouvard, essentiellement relatives aux aménagements hydrauliques, aucune recherche archéologique encadrée et problématisée n’a été conduite à ce jour sur les vestiges subsistants de ce monastère, malgré le caractère exceptionnel de sa fondation et de son statut de nécropole comtale.

Une première campagne de prospection menée en 2016 a confirmé l’importance archéologique du site où de nombreuses maçonneries sont conservées (figure 3), dessinant vraisemblablement au moins les limites d’une église et de ses espaces annexes, d’une vaste enceinte munie de tours (figure 6) et de plusieurs tronçons voûtés canalisant le ruisseau bordier (figure 4). Cette même campagne a également permis de mesurer l’importance du fond documentaire encore disponible, de rassembler l’essentiel des références archivistiques exploitables et de circonscrire dans ses grandes lignes l’histoire de cet établissement et de ses bâtiments.

 

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Deux sondages archéologiques conduits en 2017 ont permis de retrouver quelques témoins profondément enfouis, et très dégradés de ces bâtiments, sous la forme de portion de murs et de vestiges de pavement en terre cuite (figure 5). Tandis que de nouvelles recherches conduites aux abords du site ont permis de circonscrire des limites bâties très étendues et de documenter l’ancien pigeonnier du monastère conservant l’essentiel de son enveloppe médiévale.

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