Les Roches de Verdun - Campagne de prospections 2024

Une campagne de prospection sur les sites de hauteur de l'Antiquité tardive a eu lieu sur le site des Roches de Verdun, commune de l'Albenc (Isère), au printemps 2024. Les résultats de cette opération archéologique sont prometteurs, et argumentent en faveur de l’hypothèse d’une occupation tardo-antique fortifiée sur ce site entre les IVe et Ve siècles de notre ère.

Un débroussaillage général du mur d’enceinte et cinq fenêtres de nettoyage (1m2 chacune) ont été réalisés entre le 18 et le 21 avril, avec une équipe constituée de doctorants en histoire et archéologie (ENS/EHESS/Lyon 2) et d’un archéologue professionnel.

Ces travaux ont permis de constater une homogénéité dans sa construction et de suivre ce mur sur 103,7 m de longueur, pour une largeur d’un mètre. Ce mur, dont l’appareil est irrégulier, est composé de moellons calcaires blancs grossièrement équarris et liés par un mortier gris (fig. 02). Cet agencement cohérent est visible sur la quasi-totalité de sa longueur, lorsque son tracé n’était pas recouvert par une importante démolition.

Les investigations à proximité de l’enceinte ont révélé une autre maçonnerie, perpendiculaire à celle-ci, qui pourrait bien faire partie du système défensif du site. Cette découverte remet en cause l’hypothèse d’un éperon barré et ouvre la possibilité à une enceinte périmétrale. La question de l’accès au site reste pour le moment en suspens, bien que des indices laissent envisager plusieurs scénarios.

Fig. 1 - Vue de la partie sommitale de l’éperon et de la basse vallée de l’Isère, depuis le sud

Cliché : C.-D. Rosa-Matton

Fig. 2 - L'extrémité occidentale de l'éperon en cours de fouille

Crédits : C.-D. Rosa-Matton et équipe de fouille

Les prospections au nord de l’enceinte ont donné lieu à la collecte de mobilier céramique dont les datations les plus assurées sont centrées sur les années 350-500. Le faciès céramique identifié est à mettre en relation avec la ferme gallo-romaine du Bivan, située en contrebas de l’éperon, qui est abandonnée au milieu du IVe s. Dans la partie intramuros du site, qui couvre environ 4 ha, les recherches ont révélé des activités de fréquentation du site, datant au plus tard de l’Époque moderne (fig. 03).

En définitive, les observations effectuées lors de cette campagne tendent à confirmer une fréquentation du site des Roches de Verdun durant l’Antiquité tardive. Ces prospections ont dégagé des vestiges cohérents avec une occupation de cette époque, et ouvert de nombreuses questions quant à l’organisation interne du site. Ces indices permettent de réfléchir à son intégration dans un contexte local dont les mutations tardo-antiques sont peut-être marquées par le phénomène du perchement.

Fig. 3 - Résultats de la prospection thématique 2024

Crédits : IGN ; DAO : C.-D. Rosa-Matton

Par : Charles-David Rosa-Matton